| "El secreto del
tricornio" est
une parodie espagnole qui a été présentée
en 1984 à l'exposition Tintin à Barcelone
L'intrigue se déroule
pendant la tentative de coup d'état aux Cortes
de 1981. Tintin, Haddock
et Tournesol sont aux
premières loges. Alcazar débarquera sur
une note finale inquiétante
Rappel des faits :
Peu après la mort de Franco
le 20 novembre 1975, les espagnols avec
leur Roi en tête
adoptent un régime démocratique. Le 29
janvier 1981 le premier ministre Adolfo
Suarez démissionne. Le 23
février une tentative de putsch est
organisée. Sur sur ordre du Général Jaime
Milans del Bosch, 445 gardes
civils prennent les Cortes
; 200 entrent, avec le lieutenant-colonel
Tejero, dans la salle où
les députés (en séance télévisée) élisent
le Premier Ministre. Les insurgés tirent
au plafond et gardent les députés en otage
toute la nuit. Milans del Bosch
proclame à Valence
l'état d'exception mais les autres chefs
de région refusent de le suivre. Le Roi
aura un rôle déterminant pour sauver la
démocratie. Le 24 février les insurgés se
rendent. Le 27 février les espagnols
descendaient dans la rue pour manifester
pour la démocratie. Plus d'un an après, le
3 juin 1982 se tient le procès. La justice
condamnera à 30 ans de réclusion le
Général Jaime Milans del Bosch
(il sera libéré en 1996 peu avant sa mort)
Tejero récoltera la même
sentence mais bénéficiera d'un régime de
semi-liberté en 1993. Le général Alfonso
Armada prendra 6 ans mais il
sera gracié en 1988. Tous les autres ont
été acquittés.
Ce petit cours d'histoire
permet de mieux comprendre le contexte de
cette parodie réalisée en 1981 peu de
temps avant le procès des insurgés. Dans
cet épisode historique le Roi
d'Espagne a joué un rôle
fondamental. Les espagnols ont encore en
mémoire la terrible guerre civile et les
longues années de dictature franquiste. En
descendant en masse dans les rue pour
soutenir la démocratie, le peuple espagnol
a montré sans ambiguïté ses aspirations.
Cette petite BD relate
l'événement en mettant en scène de manière
amusante les personnages d'Hergé.
Les vilains seront battus et Haddock
se fera remarquer. Tintin
micro à la main assistera à tout. Un
conspirateur de l'ombre, déçu par l'échec
du coup d"état, menace de mort le Roi
! Mais l'auteur en introduisant Alcazar
aux Cortes semble
montrer que tout peut recommencer. Un
"fin" avec un "?" renforce cet avenir
incertain. Mais c'est Milou qui
aura un dernier mot plus rassurant.
Cette parodie de trois
pages, sans prétention plastique, est très
agréable à lire. Bien entendu une
connaissance du contexte historique est
indispensable. Datée de 1981 (?), elle est
aujourd'hui largement recyclée. La version
originale n'est pas strictement à l'encre
noire mais des nuances ocres apparaissent.
L'auteur donne le nom de Pamies
(avec un ©!)
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